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RCA Bulletin ARC 2006
Jean-Pierre Beaudin RCA
1935 - 2006
Le mercredi 2 août 2006, est décédé
subitement, à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie,
Jean-Pierre Beaudin, photographe de Montréal, né
le 18 février 1935. Fils de feus Joseph-Émile
Beaudin et Carmelle Mathieu et veuf de Denise Couture,
artiste en arts textiles, il était membre de l'Association
des artistes non-figuratifs de Montréal (AANFM)
depuis 1956, de l'Académie royale canadienne des
Arts depuis 1978, et du Groupe des poètes de Port-Royal
(Montréal) depuis 2003.
Après des études à l'École
des Beaux-Arts et à l'École des Arts graphiques,
à Montréal, avec ses maîtres Albert
Dumouchel et Arthur Gladu, et à la Hamburger Photoschule,
à Hambourg, et aux Laboratoires Agfa, à
Cologne, en Allemagne (1958-1959)(boursier du gouvernement
du Québec), il a été le pionnier
de la sérigraphie d'artistes à Montréal
entre 1955 et 1958.
Photographe au Service des Arts graphiques de la Société
Radio-Canada (1959-1966), il a ensuite produit : les photos
du Pavillon du Québec à l'Expo'67 de Montréal
et à l'Expo d'Osaka '70, des photos pour 30 volumes
sur les Métiers d'art des Éditions Formart.
Photographe officiel du Comité organisateur des
Jeux olympiques de Montréal '76, il a été
directeur artistique de la Galerie Arts Sutton, de 1985
à 1997.
66 timbres canadiens reproduisent ses photos. Exposant
dans 19 expositions solo et 31 de groupe, nationales et
internationales, durant sa carrière, il a produit,
dans les années récentes, plus de 150 estampes
numériques et un grand nombre de pages-couvertures
de livres.
Ceux qui l'ont connu se rappelleront sa présence
chaleureuse, son sens de l'humour, sa générosité
dans le partage de ses connaissances et son amour de la
nature, en particulier du fleuve Saint-Laurent.
(François Beaudin, 25 septembre 2006)
Maurice Raymond RCA
1912-2006
Maurice Raymond s'est éteint au printemps dernier
dans sa résidence de Longueuil après plus
d'une soixantaine d'années de carrière dans
le milieu des arts visuels montréalais. Homme discret
et réservé, son héritage se situe
en marge des querelles d'écoles qui ont polarisé
l'histoire de l'art canadien du siècle dernier.
Professeur et directeur à l'École des beaux-arts
de Montréal puis à l'Université du
Québec à Montréal (1942-1977), Maurice
Raymond mena parallèlement une carrière
de peintre à laquelle se sont greffées des
réalisations dans les domaines de l'illustration
et de la bande dessinée. L'art mural anima très
tôt les aspirations du jeune artiste. Après
sa formation, en 1939, il participa à la décoration
du Pavillon canadien de l'Exposition universelle de New
York, avec Edwin Holgate et Albert Cloutier. La grande
composition Poème de la terre (1940), acquise par
le Musée de la province de Québec en 1942,
est un bel exemple de ce travail qui conjugue l'approche
synthétique de Maurice Denis au mouvement muraliste
américain. Les gestes de reconnaissance se répéteront
en 1945, lorsque les Concours artistiques de la Province
de Québec, parrainés par le Musée,
décernèrent à Raymond un premier
Grand prix de peinture pour son Christ en croix (1944);
Fernand Léger et le Père Marie-Alain Couturier
siégeaient alors sur le jury. Puis, à nouveau
en 1948, lorsque le Musée organisa une exposition
des uvres de Maurice Raymond aux côtés
de celles de Jean Dallaire, Franklin Arbuckle, Jean-Charles
Faucher et Louis Muhlstock.
Au cours des années, la démarche picturale
de Maurice Raymond profita d'une lente maturation, propre
à l'être passionné, sage et dévoué
qu'il était. Le processus de simplification des
formes lui fera adopter le langage dépouillé
de l'abstraction qu'il défendit publiquement, en
1956, à titre de membre fondateur de l'Association
des artistes non figuratifs de Montréal. Boursier
du Conseil des arts du Canada en 1962-1963, Maurice Raymond
voyagea en Europe et reprit le pinceau qu'il n'avait,
du reste, jamais abandonné malgré les tâches
accaparantes de son directorat à l'École
des beaux-arts de Montréal (1957-1965). Au cours
des années 1970, ses recherches revêtirent
un caractère scientifique menant à la publication
d'un rapport sur la Fixité relative des principales
matières picturales.
Maurice Raymond fut élu membre de l'Académie
royale des arts du Canada, en 1978.
(Musée de Québec)
Claude Vermette RCA
1930-2006
Le 21 avril 2006 à l'âge de 75 ans est décédé
Monsieur Claude Vermette, céramiste et peintre
de Saint-Adèle dans les Laurentides, époux
de feu Mariette Rousseau-Vermette, peintre-lissier. Né
à Montréal, il étudie les arts aux
cotés du frère Jérôme au Collège
Notre-Dame en même temps qu'il poursuit ses études
classiques au Collège Saint-Laurent. Au contact
du frère Jérôme, il rencontrera Paul-Émile
Borduas et se joindra au groupe des Automatistes. En 1948,
trop jeune selon Borduas pour signer, il assistera néanmoins
au lancement du manifeste du Refus global. Dessin, peinture
et céramique constituent alors ses principaux modes
d'expression.
Ses premières expositions en 1948 et 1950 lui valent
d'être remarqué par la critique artistique
qui fait éloge de son talent et laisse prévoir
un avenir des plus prometteur. En 1952, son intérêt
pour la céramique se précise lors d'un voyage
d'étude en Europe et surtout en Italie auprès
de l'architecte Gio Ponti et du sculpteur-céramiste
Fausto Melotti. Dès lors, son champs d'action est
celui de la céramique architecturale pour laquelle
il crée de nouvelles formules de composition pour
la terre glaise, une plus grande variété
de modules pour les tuiles et les briques et de nouveaux
émaux brevetés et appréciés
pour leur qualité et leur durabilité. Ces
innovations lui valurent d'ailleurs un premier prix en
design industriel en 1962. À L'age de 23 ans, en
1953, il réalise sa première grande uvre
; l'abside et le plafond de la nouvelle Chapelle du Séminaire
de Chicoutimi. S'ensuit une carrière d'une trentaine
d'années qui se distingue par une étroite
collaboration avec architectes et ingénieurs et
pendant laquelle il produit de grandes uvres dans
plus d'une centaine d'édifices publics, tels pavillons
et bâtiments reliés à l'Expo 1967,
Osaka 1970, aux Olympiques de 1976, ainsi que dans un
grand nombre d'écoles, d'églises, de palais
de Justice, d'hopitaux, d'universités, d'édifices
gouvernementaux, d'aéroports, dans plus d'une douzaines
de stations de métrode Montréal et d'autres
édifices dont ceux de General Motors à New-York,
MacMillan Bloedel à Vancouver, Bell Canada à
Toronto, Canadien National, Canadien Pacifique, Texaco
Canada et Québécor pour n'en nommer que
quelques-uns.
Artiste de calibre international, passionné, généreux
et dévoué, Claude Vermette a réalisé
une contribution majeure et originale à l'art de
la céramique architecturale où il a fait
figure de pionnier.
(Michel Dallaire CM, CQ, RCA)
Mariette Rousseau-Vermette OC., RCA.
1926-2006
Le 28 mars 2006 à l'âge de 79 ans est décédée
Madame Mariette Rousseau-Vermette, peintre-lissier de
Sainte-Adèle dans les Laurentides, épouse
de Claude Vermette, céramiste et peintre. Elle
était native de Trois-Pistoles au Québec
et a fait ses études à l'École des
Beaux-Arts de Québec, au Oakland College of Arts
and Crafts, au Studio Dorothy Liebes à San-Francisco,
et des recherches post-graduées sur différentes
techniques de tapisseries en France, en Italie, dans les
pays scandinaves, au Japon et en Chine.
Artiste de réputation internationale, elle a exposé
ses uvres à travers le Canada et les Etats-Unis,
dans plusieurs pays européens ainsi qu'au Japon.
Ses tapisseries basse-lisse font partie de nombreuses
grandes collections tant publiques ; Metropolitan Museum
de New-York, Chicago Art Institute, Musée d'art
moderne de Kyoto, Musée des Beaux-Arts du Canada,
Musée national des Beaux-Arts du Québec,
Musée d'art contemporain de Montréal, que
privées ; BNC, RBC, Scotia, BMO, Caisses Desjardins,
Toronto Star, Shell Canada, Hotels Hilton, Bow Valley
Square, Alcoa, Imperial Tobacco
Membre de l'Académie Royale des Arts du Canada
et Officier de l'Ordre du Canada, elle a remporté
de nombreux prix et distinctions au Canada et à
l'étranger ; Chicago Institute of Arts, Central
Museum of Textiles, Lodz, Pologne, Conseil des Arts Textiles
du Québec, Conseils des Arts du Québec et
du Canada, Conférence canadienne des Arts, Institut
canadien de Rome
Elle fut choisie à plusieurs reprises pour représenter
le Canada à la Biennale internationale de la Tapisserie
tenue à Lausanne, en Suisse. Ses rideaux de scène
se retrouvent au théâtre du Centre national
des Arts à Ottawa, au Théâtre Maisonneuve
de la Place des Arts à Montréal, à
la Salle Eisenhower du John F. Kennedy Center for Performing
Arts à Washington. Elle fut directrice de la section
Art and Fibers de la Banff School of Fine Arts et membre
des conseils d'administration de la Haystack Mountain
School of Crafts, Maine, USA et du Centre des textiles
contemporains de Montréal.
Sa légendaire curiosité artistique et technique,
son apport créatif exceptionnel aux grands projets
architecturaux ont contribués à valoriser
l'art de la tapisserie au Canada.
(Michel Dallaire, CM, CQ, RCA)
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