Historique des expositions de l’Académie

Le 6 mars 1880 à Ottawa, la toute première exposition de l’Académie des arts du Canada (à laquelle le qualificatif « royale » a été apposée le mois de juin suivant) comprenait les œuvres de peintres, de sculpteurs, d’architectes, de graveurs et de designers en provenance de différentes régions du pays. L’exposition, sous la présidence d’honneur du Gouverneur général, le Marquis de Lorne (1878-1882) et de son épouse, la Princesse Louise, a été le début de la longue histoire des expositions du Musée des beaux-arts du Canada et de l’Académie royale des arts du Canada.

Un des critères pour être élu à l’Académie stipulait que chaque nouveau membre devait faire don d’une de ses œuvres (qu’on appelait à l’époque « morceau de réception »). Les œuvres ainsi réunies ont formé le noyau de la collection du Musée des beaux-arts du Canada, qui a ouvert ses portes en 1882. Cette pratique est demeurée en vigueur jusqu’en 1976.

Au cours des ans et jusqu’en 1976, l’Académie royale des arts du Canada a monté 171 expositions nationales à jury ouvert ainsi que des expositions régionales et itinérantes; elle possédait d’ailleurs sa propre galerie, située dans la Academy House, au 8 Adelaide St. East, Toronto. La galerie a ouvert ses portes le 16 octobre 1987 et mit fin à ses activités en janvier 1992.

Une des expositions présentées à la Academy House était intitulée Remembering John Cresswell Parkin, du 28 février au 4 avril 1991. John C. Parkin RCA avait été Président de l’Académie de 1970 à 1980. L’exposition rendait hommage à ses contributions au domaine de l’architecture canadien. Macy DuBois RCA, Président de l’Académie à l’époque, a rédigé l’énoncé suivant pour le catalogue de l’exposition :

« Si nous examinons l’époque de Parkin, on y constate un héritage de transparence conceptuelle et de détails aiguisés – un héritage dont l’impact initial est mis en évidence lorsque nous contemplons les excès du récent passé. Ceci est particulièrement pertinent lorsque nous commençons à constater que l’invention que nous avons peut-être mise en application à excès dans notre architecture doit maintenant être mise en application dans la construction de nos villes. Le style international de Parkin deviendra sûrement plus pertinent pour notre époque si nous veillons à créer une relation entre les édifices pour former nos espaces urbains avec moins d’exhibitionnisme et plus de modestie. »

Une autre exposition tenue à la Academy House était intitulée Print ’91 qui comprenait aussi une vente d’œuvres d’art, du 25 juillet au 7 septembre 1991. Les œuvres de 57 académiciens dans le domaine des médias imprimés y étaient exposées – un mélange éclectique de styles et de techniques, y compris la gravure sur bois au laser, les estampes, la lithographie, les monotypes et la gravure sur bois dans le style japonais.

En 1980, en célébration du centenaire de la fondation de l’Académie royale des arts du Canada et de la fondation du Musée des beaux-arts du Canada par les premiers académiciens, l’exposition Fonder une galerie nationale : L’Académie royale des arts du Canada 1880-1913 a été montée au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa pour ensuite être présentée à Toronto, Vancouver, Calgary et Montréal. Le conservateur de cette exposition déterminante était Charles Hill, conservateur de l’art canadien au Musée des beaux-arts du Canada.

The Creative Spark ’86 avait pour but de célébrer la valeur culturelle des objets utiles créés par des Canadiens. C’était une exposition sur l’art du design industriel qui comprenait les réalisations de membres de l’Académie et de non-membres également. Parmi les exposants, on comptait : John Arnott, Douglas Ball RCA, Bert T. Bobroviniczkay, Mike Brown, Anne Carlyle, Edward Colby, Jonathan Crinion RCA, Michel Dallaire RCA, Paul Epp RCA, Gerry Gaydos, Roderick L. Gerrard RCA, Claude J. Gidman RCA, Gary Kaga, Jan Kuypers RCA, Thomas Lamb RCA, Glenn Moffatt, Keith Muller, Ian Norton RCA, Victor Pinheiro, Philip L. Poissant, René Price, Karim Rashid, Clifford Read, Michael Stewart RCA, Robert Whalen et Koren de Winter.

L’Académie jouie d’une riche tradition en ce qui a trait à l’organisation d’expositions sur l’art canadien à l’étranger. Parmi celles-ci, mentionnons la Colonial and Indian Exhibition, Londres, 1886; la World’s Columbian Exposition, Chicago, 1893; et l’Exposition mondiale de New York, 1939. Designers canadiens, une exposition internationale itinérante, conçue pour célébrer le 115e anniversaire de l’Académie, a été présentée en 1995 en France, en Hongrie, en Allemagne et en Écosse. Les vingt-deux artistes représentés comprenaient Ernest Annau RCA, Stuart Ash RCA, Susan Benson RCA, Lois Etherington Betteridge RCA, Christopher Chapman RCA, George Harding Cuthbertson RCA, Michel Dallaire RCA, Arthur Charles Erickson RCA, Claude Gidman RCA, Manfred Gotthans RCA, Yvette Hoch M., Dora de Pedery-Hunt RCA, Tamara Jaworska RCA, Tad Jaworski RCA, Jerzy Kolacz RCA, Mayta Markson RCA, Raymond Moriyama RCA, Cornelia Hahn Oberlander RCA, Don W. Vaughan RCA, Andrew S. Volgyesi, Chris Yaneff RCA et Eberhard H. Zeidler RCA.

L’Exposition régionale des Prairies, organisée par l’Académie en collaboration avec la Winnipeg Art Gallery a ouvert ses portes le vendredi 30 mai 1997 à 20 heures. Les membres de l’Académie faisant partie des exposants représentaient le Manitoba, la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest et faisaient valoir la grande variété des disciplines reconnues par l’Académie, y compris l’architecture, la peinture, la céramique, la sculpture, la photographie, l’estampe et le design graphique. Parmi les membres manitobains, on comptait : Gordon Adaskin RCA, Richard Condie RCA, Gustavo da Roza RCA, Caroline Dukes RCA, Ivan Eyre RCA , Étienne Gaboury RCA, Bruce Head RCA, E. J. Howarth RCA , Winston Leathers RCA, William Lobchuk RCA, Valerie Metcalfe RCA, Leo Mol RCA, Jim Orzechowski RCA, Luther Pokrant RCA, Don Proch RCA , Ernest J. Smith RCA, Eva Stubbs RCA, George Swinton RCA, Tony Tascona RCA et Andrew Valko RCA. Les académiciens en provenance des Territoires du Nord-Ouest comprenaient: Kenojuak Ashevak RCA, Abraham Etungat RCA, Osuitok Ipeelee RCA, Kananginak Pootoogook RCA and Marion Tuu’luuq RCA. La Saskatchewan était représentée par Douglas Bentham RCA, Victor Cicansky RCA, Joe Fafard, Dorothy Knowles RCA, William Perehudoff RCA, Wilf Perrault RCA, Allen Sapp RCA, et David Thauberger RCA. Un franc succès, l’exposition a attiré plus de 13 000 visiteurs – le plus grand public connu par la WAG jusque-là. Le conservateur de l’exposition était Don DeGrow et les organisateurs étaient les membres de l’Académie de la région des prairies, présidés par Morley Blankstein RCA. Avec plus de 52 000 $ de financement monté dans la région, l’exposition a aussi été présentée dans l’Ouest canadien et en Ontario en 1998-99, entre autres, à la Triangle Gallery de Calgary, à la Art Gallery of Greater Victoria (où l’exposition prit de l’ampleur en incluant les œuvres de 50 membres de l’Académie résidant sur l’Île de Vancouver) et à la Frederick Horseman Varley Art Gallery de Markham, Ontario.

En 1998, Kaléidoscope, une exposition des œuvres des membres du Québec a été présentée en célébration de la 118e Assemblée générale annuelle de l’Académie. L’exposition a été organisée par Yves Trudeau RCA, Michel Dallaire RCA, Pierre Henry RCA, Ghitta Caiserman-Roth RCA et Joseph-Richard Veilleux RCA. Son conservateur était Alysouk Lynhiavu, coordonnateur du développement culturel chez Rive Gauche Rive Droite de Québec. L’exposition a été présentée au Palais Montcalm de Québec, du 1e au 31 mai 1998 et comprenait les œuvres de 53 académiciens de la province de Québec. L’exposition et l’AGA de cette année-là ont été commanditées par le gouvernement fédéral, la ville de Québec, Pratt & Whitney Canada, entre autres.

Earthworks, une exposition des œuvres d’académiciens de l’Ontario célébrait la terre en peinture, sculpture, céramique, photographie et architecture. La conservatrice de l’exposition était Blanche Lemco van Ginkel RCA assistée par Jerzy Kolacz RCA et Ann Roberts RCA. L’exposition eut lieu du jeudi 29 octobre au 21 novembre 1998 à la John B. Aird Gallery de Toronto. Les exposants comprenaient : Christopher Adeney, Conyers Barker, Lois Betteridge RCA, Christopher Chapman RCA, Macy DuBois RCA / Helga Plumb RCA, Pat Durr RCA, Ants Elken RCA, Pat Fairhead RCA, Graeme Ferguson RCA, John Flanders RCA, Elizabeth Holbrook RCA, Barbara Howard RCA, Rosemary Kilbourn RCA, Gene Kinoshita RCA / Don Moffat RCA, Jerzy Kolacz RCA, Burton Kramer RCA, Jerome Markson RCA, Mayta Markson RCA, Naoko Matsubara RCA, Ray Moriyama RCA, Kay Murray-Weber RCA, Mary Pavey RCA, Ann Roberts RCA, Fay Rooke RCA, Joe Rosenthal RCA, Jim Strasman RCA, Ernestine Tahedl RCA, Osvald Timmas RCA, Blanche Lemco van Ginkel RCA, Sandy van Ginkel RCA, et Sally Wildman RCA.

De novembre 1999 à juillet 2000, l’exposition Traces of Land, Traces of People: Contemporary Images of Ontario a été présentée dans les bureaux de la Lieutenante gouverneure de l’Ontario au Queen’s Park de Toronto. La conservatrice de l’exposition était Clara Hargittay et la Présidente d’honneur était l’Honorable Hilary Weston, Lieutenante gouverneure de l’Ontario. Les œuvres des académiciens suivants faisaient partie de l’exposition : Lois Etherington Betteridge RCA, orfèvre, Ted Bieler RCA, sculpteur, John Boyle RCA, peintre, Lynn Donoghue RCA, peintre, Paterson Ewen RCA, peintre, Richard Gorman RCA, peintre, Stephen Hogbin RCA, sculpteur, Barbara Howard RCA, peintre et Badanna Zack RCA, sculpteure.

Mot de la Lieutenante gouverneure
Nos artistes aident à définir ce que cela signifie être Canadien. Ils créent des œuvres qui reflètent nos valeurs, notre mode de vie et notre perception de l’univers. S’il est vrai que chaque artiste façonne sa propre autobiographie, comme l’a suggéré Havelock Ellis, il est également vrai que les artistes préservent une image de notre époque.

Je suis ravie que cette nouvelle exposition Traces of Land – Traces of People soit présentée au Queen’s Park en ce tournant du millénaire. Plusieurs milliers d’Ontariens et de visiteurs auront l’occasion de constater et de célébrer le talent et la vision de ces membres de l’Académie royale des arts du Canada. L’exposition est non seulement d’une grande beauté, mais elle provoque aussi faisant la lumière sur des thèmes, sur des enjeux et sur nos perceptions contemporaines en ce moment important dans l’histoire.

Je suis très reconnaissante pour l’appui enthousiaste de l’Académie, tout particulièrement pour l’appui d’Ernest Annau RCA, d’Alison Hymas RCA et de Clara Hargittay. J’apprécie beaucoup la collaboration de l’Assemblée législative de l’Ontario et l’assistance technique d’Irma Ditchburn, conservatrice de la collection d’œuvres d’art du gouvernement de l’Ontario. Finalement, je suis particulièrement ravie que les artistes nous aient permis de les accompagner dans leur voyage vers ce nouveau millénaire.
Hilary M. Weston

Mot de la conservatrice
Comment définir avec justesse le temps, un lieu, un peuple et une communauté? Quelles sont les images qui persistent dans nos mémoires comme le souvenir d’un événement ou d’un emplacement en particulier, d’un moment figé dans le temps, de l’impression éphémère générée par une émotion ou une expérience? En plongeant dans nos souvenirs, ce sont fort probablement des images de paysages et des visions fugitives d’une expression sur un visage.

Ce sont ces pensées qui me sont venues à l’esprit lorsque la Lieutenante gouverneure m’a invitée à organiser une exposition d’œuvres contemporaines exceptionnelles et pertinentes qui représenteraient l’Ontario comme étant une communauté dynamique et progressiste envisageant le nouveau millénaire avec espoir et confiance.

La terre et la relation complexe et parfois ambiguë que l’humanité entretient avec l’environnement sont des thèmes qui ont toujours figurés de façon proéminente dans la psyché nationale du Canada. En grande partie, l’identité canadienne est étroitement liée à nos vastes paysages accidentés, et il n’est pas surprenant que ceux-ci aient été une préoccupation pour les artistes à travers les générations – cette attirance n’est d’ailleurs pas près de s’éteindre. Cependant, les artistes aujourd’hui vont au-delà de la tradition de l’art paysager; ils épousent des approches fondamentalement nouvelles pour traiter du paysage et des phénomènes naturels.

Une des déviations les plus profondes de l’art paysager traditionnel est démontrée dans l’œuvre de Paterson Ewen, un des artistes les plus vénérés du Canada. Depuis 1970, il crée de larges tableaux bruts représentant les phénomènes de la nature et les forces des éléments. Ce qui est ironique est le fait que peindre des phénomènes naturels représentait pour Ewen un retour à l’art paysager après une carrière couronnée de succès comme peintre abstrait. Mais les paysages de Ewen ne sont pas exécutés de façon traditionnelle. Dans ce qu’il appèle ses « phenomenascapes », il donne vie aux forces de la nature et aux éléments essentiels qui façonnent le paysage. On dénote dans son œuvre les préoccupations philosophiques et formelles de l’art conceptuel. L’image, le matériau et l’acte de créer deviennent indissociables dans son processus de création.

Richard Gorman et Barbara Howard, deux peintres chevronnés de l’Ontario dont l’écart de l’art paysager traditionnel est moins marginal que celui de Ewen, sont motivés par un désir profond de saisir l’expérience du paysage plutôt que de simplement reproduire son apparence. Les tableaux magnifiques et sensuels de Gorman, qui se situent à quelque part entre l’abstrait et le réalisme, sont réduits à l’essentiel et n’offrent qu’une allusion à la réalité, qu’une fine empreinte de la nature. Dans le même esprit, la toile de Barbara Howard Fluke at Sunrise, qui fait partie de cette exposition, ne capture qu’une impression éphémère des rayons de soleil faisant miroiter un plan d’eau, sans aucune tentative de représenter la scène de façon réaliste.

Dans la même veine, les artistes contemporains ont transformé l’art du portrait en laissant tomber les représentations conventionnelles et hiérarchiques d’individus mis en place dans une situation tout à fait prévisible et en adoptant une formule artistique plus provocatrice. Les portraits de Lynn Donoghue et de John Boyle, présentés dans l’exposition, prennent en considération le contexte social et culturel derrière la façade extérieure du sujet. Leurs œuvres parlent d’identité et de représentation.

L’installation de Badanna Zack intitulée A Collection of Cowboy Boots, injecte une note humoristique à l’exposition, mais elle crée aussi un lien intriguant entre les paysages et les portraits qui y sont représentés. Loin d’être associées à la notion de la sculpture traditionnelle, ses trente-deux bottes de cowboy assemblées et savamment disposées semblent prendre vie. Riche de poésie et remplie de liens fascinants entre les enjeux formels artistiques et la vie de tous les jours, l’installation met en question la culture de la consommation et le rôle que jouent les possessions matérielles dans nos vies.

Dans cette exposition, il n’y a pas de ligne de démarcation entre les beaux-arts et les métiers fins. Ce fait est souligné par les réalisations de Ted Bieler, de Stephen Hogbin et de l’orfèvre Lois Etherington Betteridge dont les œuvres magnifiques transmettent une richesse et une variété à l’exposition dans son ensemble.

Une exposition de petite envergure comme celle-ci ne peut que souhaiter donner un aperçu de l’esprit dynamique de la communauté artistique de l’Ontario. Il est à espérer que le désir de créer un lien entre les œuvres par l’entremise d’un thème fondamental incitera une réflexion profonde sur les œuvres et un franc plaisir pour les visiteurs qui en feront l’expérience.
Clara Hargittay


Les cartes à jouer de l’Académie royale des arts du Canada, une exposition des œuvres de 55 membres de l’Académie, a été présentée à la Gallery Stratford au Market Square pour la célébration de la saison 1999 du Festival de Stratford.

En célébration du 120e anniversaire de l’Académie et du millénaire, Arts2000, une exposition nationale d’arts visuels contemporains canadiens, comprenaient 280 œuvres réalisées par des académiciens et des artistes qui n’étaient pas membres de l’Académie œuvrant dans 14 disciplines différentes. Elle a été présentée pendant quatre mois à la Gallery Stratford à l’été 2000. Le jury d’Arts2000 était constitué de : Michel Dallaire RCA, Arthur Erickson RCA, Mayo Graham du Musée des beaux-arts du Canada, Sherrard Grauer RCA, Gerald McMaster, conservateur, Roland Poulin, sculpteur, Jeffrey Spalding, conservateur et Don Stuart RCA. Les Prix du jury du Fonds en fiducie de l’Académie ont été remis à : Eric Cameron RCA, Louise Genest RCA, Thaddeus Holownia RCA, Robert Tombs, Steven Ibbott, Marcel Marois RCA, Susan McEachern, Van McKenzie, Leslie Reid RCA et Kim Webster.

En 2003 Le politique est personnel : une perspective autochtone a été présentée pendant six mois dans les bureaux du Lieutenant gouverneur de l’Ontario au Queen’s Park. L’exposition a été inaugurée par l’Honorable James K. Bartleman, Lieutenant gouverneur de l’Ontario, le 3 avril 2003 et son conservateur était Clara Hargittay. Les œuvres des artistes suivants en faisaient partie : Mary Anne Barkhouse RCA, Carl Beam RCA, Michael Belmore RCA, Rebecca Belmore, Bonnie Devine, Robert Houle RCA, Nadia Myre, Greg Staats et Jeff Thomas.

 
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