Le Fonds in fiducie de l’Académie
royale des arts du Canada a été fondé en
1973 avec le mandat de « recevoir des fonds
d’appui pour encourager et promouvoir les plus
hauts degrés d’excellence dans le domaine
des arts créatifs du Canada ». Aujourd’hui,
l’activité principale du Fonds en fiducie
est de venir en aide aux galeries publiques régionales
pour leur permettre d’élargir leur collection
permanente en leur accordant des subventions pour
l’acquisition d’œuvres réalisées
par des artistes canadiens vivants. Cependant, dans
le passé, le Fonds a proposé d’autres
opportunités aux artistes, sous la forme de
bourses pour études en sculpture et en architecture.
En 2000, le Fonds en fiducie a commandité le
Prix du jury Arts2000 décerné par
le Fonds à neuf artistes dont les œuvres
avaient été exposées au cours
d’Arts2000, un événement organisé par
l’Académie pour célébrer
le millénaire et les arts visuels canadiens.
La toute première bourse ARC/Ernest Annau
pour études en architecture a également été subventionnée
par le Fonds en fiducie en 2001.
Le Conseil d’administration du Fonds est composé de
trois académiciens et de deux Amis de l’Académie
dont la profession est respectivement comptable et
avocat. Les demandes de subventions adressées
au Fonds en fiducie doivent être envoyées
avant le 1er septembre de chaque année au
bureau de l’Académie à Toronto.
L’histoire du Fonds en fiducie de l’Académie
est relatée dans Passionate Spirits:
A History of the Royal Canadian Academy of Arts,
1880-1980, un ouvrage écrit par Rebecca
Sisler RCA en 1980 pour commémorer le 100e
anniversaire de la fondation de l’Académie.
Voici une interprétation d’un extrait
de cet ouvrage :
« Durant la présidence de George Arbuckle
au début des années soixante, les sculpteures
Frances Loring et Florence Wyle ont décidé de
faire don de leur atelier à l’Académie.
Elles souhaitaient que l’atelier soit utilisé comme
lieu de rencontre artistique mais ont constaté que
leur désir était probablement peu pratique
et leurs âmes généreuses les
a incitées à laisser la mise à disposition
de l’atelier à la discrétion
de l’Académie. Elles ont cependant exprimé le
désir que les profits d’une vente éventuelle
soient utilisés pour encourager l’évolution
et l’éducation dans le domaine de la
sculpture canadienne.
Loring et Wyle sont toutes deux décédées
en 1968 et, tel qu’entendu, l’atelier
est devenu la propriété de l’Académie.
Malheureusement, le temps n’était pas
propice et, à cause de l’état
considérablement délabré de
l’édifice, il était hors de question
que l’Académie procède à une
restauration et utilise l’atelier pour les
fins identifiés par les deux sculpteures.
Finalement, en 1972, l’édifice a été vendu à un
prix avantageux et lorsque, plus tard la même
année, un autre legs a été reçu
de la succession de Hugh Allward, en son nom et au
nom de son réputé père, les
deux montants faisaient œuvre d’une somme
très respectable.
L’Académie n’était pas
légalement liée quant à la mise à disposition
des fonds et elle aurait pu, à ce moment-là dans
son histoire, justifier leur utilisation pour atténuer
la situation précaire dans laquelle elle se
trouvait, mais elle s’est engagée à respecter
l’esprit dans lequel les fonds avaient été légués. À la
lumière de ceci, on a décidé de
créer un Fonds en fiducie séparé qui
ne serait pas utilisé pour fins administratifs.
Sous les conseils judicieux du membre Cleeve Horne,
une petite portion a été utilisée
pour acquitter les dettes de l’Académie
et le solde a été investi dans le but
d’utiliser les intérêts pour encourager
les arts canadiens. Lorsque les intérêts
ont commencé à s’accumuler de
façon régulière, les fonds ont
immédiatement été consacrés à des
bourses pour études en sculpture décernées à des étudiants à l’école
hors-campus du Ontario College of Art à Florence,
en Italie; à un concours de bourse; et à des
subventions décernées aux galeries
publiques en émergence pour leur permettre
de faire l’acquisition d’œuvres
d’art pour leur collection permanente. Ceci était
précisément le genre de programme que
l’Académie avait toujours espéré créer
par l’entremise de ses projets intermittents
de bourses dans le passé. »
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