L’Académie des arts du Canada a été fondée en 1880 avec l’appui du Gouverneur général de l’époque, Sir John Douglas Sutherland Campbell, le Marquis de Lorne. Avec l’objectif de promouvoir le développement et l’évolution des arts visuels dans un pays encore tout jeune, vingt-cinq des peintres, sculpteurs et architectes les plus accomplis du Canada ont été choisis comme académiciens agréés avec quelque cinquante membres associés. Présidée au tout début par Lucius O’Brien, l’Académie des arts reconnaissait qu’il était important d’encourager les arts visuels et d’établir des normes esthétiques qui se comparaient favorablement avec celles des autres pays civilisés. La création d’une société d’artistes de distinction dans notre nouveau pays assurait que le Canada embrasserait l’émergence d’une culture visuelle dynamique et témoignait de façon officielle de la nécessité de célébrer l’authenticité de la réalité canadienne.

Le 22 juin 1880, l’Académie reçut une permission de la part de la Reine d’utiliser le qualificatif « royale » et, deux ans plus tard, le 17 mai 1882, l’Académie royale des arts du Canada fut officiellement incorporée par l’entremise d’un acte promulgué par le Parlement. Le peintre William Revell RCA a conçu le premier diplôme de l’Académie, qui a été approuvé dès la première année et remis aux académiciens en 1883.

Les membres fondateurs ont posé la majeure partie des bases institutionnelles de l’Académie vers la préservation du patrimoine artistique du Canada. Résolus à encourager les arts visuels et désireux d’assurer l’évolution d’une culture visuelle et matérielle unique, ils ont su défendre les normes professionnelles et exercer une influence sur un degré d’excellence dans la production artistique dont le Canada pouvait être fier. Ces membres espéraient encourager les arts visuels du pays en montant des expositions annuelles à jury, en mettant sur pied les tout premiers cours de dessin de modèles vivants et en contribuant à la création d’une collection nationale d’œuvres d’art.

Le 6 mars 1880, le Gouverneur général, le Marquis de Lorne, inaugura la première exposition officielle de l’Académie et, par le fait même, le Musée des beaux-arts du Canada à l’Hôtel Clarendon d’Ottawa. Jusqu’en 1976, chaque nouveau membre élu à l’Académie devait faire don d’une de ses œuvres (qu’on appelait morceau de réception) au gouvernement; les œuvres ainsi réunies ont constitué le noyau de la collection d’art canadien du Musée. On reconnaissait ces œuvres comme étant les meilleurs exemples des réalisations des artistes élus puisqu’elles avaient été sélectionnées par le jury de l’Académie au cours du processus d’élection. À titre d’exemple, Levée de soleil sur le Saguenay de Lucius O’Brien est parmi les premières œuvres qui ont été remises au Musée en 1880. La collection d’art canadien du Musée est constituée de plusieurs de ces morceaux de réception et doit ses débuts à la perspicacité des membres fondateurs de l’Académie qui reconnaissaient l’importance de créer un musée national pour faire valoir les réalisations artistiques canadiennes auprès du grand public.

L’Académie a organisé des expositions annuelles à jury pendant 91 années; celles-ci avaient lieu dans une ville différente à chaque année. Ces expositions étaient destinées à éduquer le grand public sur la qualité et la variété de l’art canadien et à introduire les artistes de la relève dans la communauté car elles étaient ouvertes à tous et étaient souvent la première occasion offerte aux jeunes artistes de présenter leurs réalisations au grand public. Pour ces jeunes artistes de la relève, le fait d’être choisis pour prendre part à une exposition à jury était non seulement un honneur mais une forme de reconnaissance bien méritée.

Les cours de dessin de modèles vivants étaient aussi offerts dans plusieurs villes du pays. Suivant les premiers cours donnés à Ottawa, ils furent offerts à Montréal, Toronto et, plus tard, à Hamilton, Winnipeg et Halifax. Les cours offraient une occasion privilégiée de dessiner des modèles nus et étaient souvent dirigés par un membre de l’Académie. D’autant plus, ils incorporaient des leçons en dessin technique ainsi qu’un dialogue sur l’esthétique. Le dessin de modèles vivants aidait les étudiants à développer leur sens de l’observation et encourageait un sens de la discipline et de la structure qui caractérisait les pratiques adoptées par les artistes sérieux dans les grands centres et, par le fait même, soutenait des normes professionnelles de base. Les cours de dessin de modèles vivants commandités par l’Académie étaient pour plusieurs la seule avenue leur permettant de se prévaloir d’études artistiques professionnelles

Avec la venue d’écoles d’art professionnelles, l’Académie a cessé ses cours de modèles vivants. De plus, ses expositions annuelles à jury ont elles aussi été discontinuées à cause de la prolifération de galeries commerciales et publiques qui ont élargi les possibilités pour l’exposition d’œuvres d’art partout au pays.

De nos jours, l’Académie royale des arts du Canada poursuit son mandat qui est de célébrer, encourager et faciliter les arts visuels du Canada. Elle encourage la nouvelle génération artistique par l’entremise de bourses d’études et veille aux collections d’œuvres d’art réalisées par des artistes canadiens vivants en attribuant des subventions d’acquisition aux galeries publiques régionales.

En plus de rendre honneur aux artistes élus à l’Académie, elle continue, selon la tradition, à reconnaître ceux et celles qui ont contribué à la culture visuelle du Canada en leur conférant la Médaille de l’Académie. Cette dernière a été conçue par le sculpteur Cleeve Horne RCA et le designer Syd Watson RCA et est présentée aux individus qui ont effectué une contribution marquée aux arts visuels canadiens. Parmi les récipiendaires dans le passé, on compte des conservateurs, des critiques, des philanthropes et des enseignants.

Dans le cadre de son programme de rayonnement visant à faciliter les échanges sur la culture visuelle pour le bénéfice de toute la population, l’Académie a réintégré son Programme des Amis de l’Académie qui propose des événements spéciaux aux membres de ce volet et leur permet de recevoir toutes les publications de l’Académie. Par l’entremise du programme, le public a l’occasion d’interagir avec la communauté artistique et les membres de l’Académie tout en ayant une meilleure compréhension et une connaissance accrue des arts visuels du Canada. Le programme propose une panoplie d’activités, y compris des visites guidées d’expositions et de collections privées, des rencontres avec les artistes dans leur atelier et des colloques.


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